Profession : scénariste, écrivain suisse et magicien à Las Vegas. Age : entre 26 et 45 ans Poids : idéal Taille : 3m50 Hobby : le ping pong, le dessin de temps en temps
Bientôt mort. Jamais vivant.

C'est vraiment rigolo de dessiner quand on ne sait pas, on se laisse vraiment (vraiment beaucoup) aller. J'ai pris modèle de la taverne de mon village: la taverne de la Rose où l'hydromel coule à flot, où la dame est de peu de vertu...A noter que leur potée aux cailloux, arrosée de bière grumeleuse est fameuse ! Grâce à d'astucieux gribouillages, j'essaie de tromper mon monde sur les perspectives (qui sont ici les fiancées du hasard). C'est super maladroit mais jvois bien Foggle se baladait dans ce genre d'endroit :)
Allez un ptit texte, extrait de la nouvelle De fumée et d'Or, histoire de ne pas poster qu'un truc dont la voie lactée entière se contrefout ;):
"Dehors, le ciel bleu de la journée avait laissé place à des ténèbres pesantes et la douceur du climat s’était changée en l’agression permanente d’un froid polaire. Une lune gibbeuse perçait ce plafond macassar et m'éclairait de sa trouble et funeste ondée. Aidé d'une carte qui nous avait été offerte par le maître d’hôtel, j'avançai d'un pas vif vers les quartiers populaires, fort de ma tenue vestimentaire, il va sans dire. Fort, surtout, d'une vive impatience à l'idée de retrouver la douce Katerina. Mon sang bouillait et j'aurai pu affronter ce soir sans mal et sans crainte des vampires, une épidémie de choléra et, soyons fous, l'armée napoléonienne. J'étais le légionnaire qui rentrait chez lui pour retrouver sa femme.
Personne n'aurait pu soupçonner de ma part une nature si passionnée. Dans ma jeunesse, si j'ai bien connu quelques amourettes, il n'y avait vraiment rien de comparable à l'émoi que devait supporter, ce soir, mon coeur. Il y avait dans cette conquête un esprit de reconquête. Reconquête d'une âme que je connaissais à peine et d'un corps qui ne restait finalement qu'un vague souvenir. Tout ceci avait animé fantasmes et rêve durant de longues années et s'était un peu perdu en cours, pour me pétrifier de frustration, ensuite. Ce soir-là, je voulais aimer de la plus simple façon qu'il soit. Aimer et être aimer en retour. J'espérai que Cupidon décoche ses flèches et nous empale à jamais. J'espérai à mesure que j'accélérai le pas dans des rues de plus en plus étroites et de plus en plus sombres. J'espérai. Malgré les nombreux et funeste signes qui s'étaient succédés toute l'après-midi durant.
Je ne m'inquiétai donc pas lorsqu'au détour d'une rue, deux ivrognes de la pire espèce me rentrèrent dedans, déversant au moins un litre de leur fétide gnôle sur mon beau veston. Trois pétales rouges s'envolèrent alors avec la bise glaciale de l'hiver. Je repartis, sans m'en apercevoir, pestant contre la vilenie des mauvaises manières. C'est à ce moment là que la nuit pleine de promesses délicieuses bascula.
Tel un vaisseau fantôme perçant le brouillard, j'aperçu entre deux Turkogliu délabrés, au fond d'une impasse les lumières du Café des Etoiles. Autour de ce lieu, régnait une désolation à faire frémir un fossoyeur. Pas un chat, pas un passant, pas un bruit. Des poubelles s'élevaient une odeur de poisson pourri. Il ne me fallut que quelque seconde pour reconnaître celles des hommes poissons. Mais au lieu de fuir comme chacun l'aurait fait en pareil cas, je m'approchai de l'endroit où je discernai derrière les vitres crasseuses des formes mouvantes. Humaines ? Je n'en étais pas encore bien sûr. Mais j'étais décidé à retrouver coûte que coûte Katerina.
Je poussais les portes de l'établissement et mes sens alors, furent à ce point submergé que je faillis tomber en syncope. Musique orientale et brouhaha d'une salle comble. Quelques occidentaux. Un riche colonel au rire roque, deux trois dames, avec leur boa et leur porte cigarette, trop grimaçantes pour être jolies. Des joueurs de cartes braillant à tout va. Un énorme monsieur fumant le narguilé et rejetant par son nez d'étonnantes proportions de fumée. Des dames légèrement grassouillettes et de peu de vertu faisant la fameuse danse du ventre. Trois, peut-être quatre musiciens moustachus jouant d'étranges mélopées chaloupées sur de non moins étranges instruments à corde et à vent. Accompagnés d'un petit singe armé de cymbales, distillant anarchiquement des dongs et des dings. Un cracheur de feu chauve. Une demi-douzaine de prostituées ventant leur charme à des marins bien jeunes. Un tuberculeux, vu l'état de sa toux. Quelques éclopés. Un magicien sur scène que personne n'écoute ou ne regarde et qui fait sortir de sa bouche des serpents. Une perruche affolée qui parcourt la salle sans que personne ne s'en soucie, cherchant désespérément une sortie. Une grosse dame montrant son sein à un parterre d'hommes passablement ivres. Un vieillard hirsute accoudé au comptoir en train de beugler. De l'or clinquant. De la fumée piquant les yeux. Ma tête tournait littéralement dans tous les sens lorsque j'aperçu, enfin, la comtesse Katerina.
Elle se tenait à une table, à l'écart de toute cette agitation et souriait. Une chandelle éclairait son visage d'une lueur bleue. Ce qui lui donnait l'aspect d'un fantôme. Bien agréable entité spectrale du reste. Elle était magnifique, au delà de ce que j'avais rêvé, et j'eu toutes les peines du monde à être à la mesure de sa beauté. J'offris mon bouquet dans un cérémonial un peu étriqué et surtout, en y songeant, bien ridicule. Je m'agenouillai très maladroitement à ses cotés et lui tendit mon présent comme un vulgaire jambon. Sans dire mot. Elle esquissa un sourire devant ma maladresse et renifla les Dents-du-Diable. En retour, je baisai un peu trop passionnément sa frêle main de comtesse, laissant filer à ma grande honte un peu de bave. Au moment où je pris place, un couinement animal nous mit, elle et moi, dans un état de panique. J'avais écrasé la queue de son petit chien qui dormait sous la table. Elle réconforta le pékinois comme l’aurait fait une mère et me regarda un peu sévèrement. M'excusant de ma nullité, je commandais deux émulsions de cafés Moqua à la crème de cerise. Puis récitai confusément des compliments que m’avait appris ce cher Lewis.
« Vous êtes radieuse comme le sont les oiseaux au Printemps. » « Ne vous a-t-on jamais dit que l'on pouvait se perdre dans votre regard à force de le fixer. » « Freud a dit que l'inconscient parle au rêveur. Sachez madame, que cette nuit, vous êtes mon inconscient. »
Lorsqu'elle m'adressa un mot pour la première fois de la soirée, je m'aperçu que j'avais du être un bien pénible bavard. J'ouvris donc mes esgourdes pour capter chaque son sortant de sa bouche. "
le début et la fin de cette histoire dans Monsieur Toussaint Louverture, Tu dis ça parce que tu m'aimes.
Vlà un des personnages de Lewis Tallbäck et le secret des émeraudes, projet avec sieur David Harelle.
Brinkl Bob est un personnage lunaire, plutôt gentil (contrairement à ce que laisse penser le dessin) et sa trogne me donne envie de faire plein de pages. Plein de story board pour le David Harelle ;)
