Voici un petit extrait d'une nouvelle que j'ai commencé aujourd'hui. C'est l'aventure qui suit "de Fumée et d'Or". J'ai écrit les premières cinq pages. Et chui content parce que j'ai à peu près toute l'histoire (et c'est rare) dans la tête:
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Niché au creux de la vallée des Alpes Noires, la bourgade de Tipihelm était bien loin de la sinistre forêt de Tannenbraün, bien loin de l’hôpital psychiatrique aujourd’hui abandonné. La montagne se dressait au-dessus, bienveillante, majestueuse et protégeait la centaine d’âmes qui vivaient dans la vallée parmi laquelle, la mienne, abîmée par les pires outrages. Loin des frayeurs qui depuis près de deux ans me poursuivaient inlassablement, je profitai ici d’un repos bien mérité ne m’exerçant par passion qu’à la pêche, l’astronomie et l’écriture. Cependant depuis quelques mois, les cauchemars revenaient régulièrement. Surtout depuis que l’indicible était revenu à moi de la manière la plus inattendue qu’il soit. En effet, pour ma subsistance, je bénéficiai d’une rente indigne mais suffisante pour ne pas me soucier du lendemain. Chaque trimestre, je recevais les royalties des ventes de quelques écrits scientifiques. Parmi l’un d’eux, mon vieux traité sur le système neuronal des langoustes. Référence pour la communauté scientifique, j’avais écrit ce texte en 1915 alors que j’étais encore jeune étudiant. J’avais disséqué plus d’une centaine de langoustes et remarquai pantois que les fibres neuronales de ses céphalopodes étaient photo-amphisées. Cette découverte me permit d’affirmer haut et fort à mes pairs que les langoustes avaient des pouvoirs télépathes et pouvaient, grâce à leurs antennes, communiquer à distance entre elles. J’étais loin de me douter que ses conclusions pleines de surprises cachaient en réalité une horreur insoupçonnable. Lors d’une relecture, il y a de cela six mois, pour une nouvelle réédition, un passage dont j’avais oublié la teneur me sauta à la gorge. A la page 129, j’avais écris que la langouste utilisait des ondes radio et que lors de l’enregistrement de l’une de leurs conversations, j’avais distinguer un mot qui m’était inconnu à l’époque, un mot que j’avais noté là, sans chercher à savoir sa signification, en toute innocence. Ce mot là, c’est le cauchemar d’une vie : Cthulu. Tous les soirs, tentant d’oublier, je fumais la pipe, celle de mon grand-père, sous les étoiles et me demandais si tout cela avait bien un sens, si le mal n’allait pas triompher à nouveau et si en dehors de ces considérations, je pouvais espérer, simplement espérer un peu de quiétude. Le plus souvent, lorsque mes nuits étaient sans sommeil, je trouvai refuge dans le grenier où m’attendait un petit bureau de fortune, des monticules de feuilles, une plume et un encrier. Je m’évadais alors du monde avec une histoire de planètes et d’homme voyageant à travers l’espace. Mon histoire s’appelait Jean le Plutonien contre les Extra-Martiens. J’avais peuplé mon conte de créatures fantastiques venues du fin fond de l’espace et d’une princesse dénudée d’une contrée inconnue. J’avais affublé la princesse d’une vingtaine de seins prétextant que les races du cosmos, en l’absence de gravitation, pouvaient procréer à déraison et qu’une princesse se devait de nourrir ses enfants. Un autre personnage, l’ami de Jean, était un averti et ressemblait à s’y méprendre à un volcan avec des yeux. Mon esprit refusait indubitablement la folie et cette distraction en était la preuve.
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