Profession : scénariste, écrivain suisse et magicien à Las Vegas. Age : entre 26 et 45 ans Poids : idéal Taille : 3m50 Hobby : le ping pong, le dessin de temps en temps
| Juillet 2008 | ||||||||||
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Jamais assez tard pour dire ouf. Pourvu que...
A la lumière de la bougie, alors que les aiguilles du vieux coucou affichaient les quatre heures un quart du matin, je m’aventurai au fond à gauche du grenier. Là où d’habitude je ne m’égare jamais, là où j’entasse des tas de choses en vrac, un bric à broc de machins cassés, de trucs moisis et de bidules tout simplement inutiles. Je m’étais engouffrais là comme on s’engouffre dans la grotte des merveilles, à la manière d’Ali Baba, cherchant ce je ne sais quoi de trésor. Celui qui réchauffe le coeur. Je commençai par déplacer les objets encombrants : une grande lampe à l’abat-jour qui sentait le pipi de chat, une partie du vélo préhistorique du grand père et une belle armoire bonne à flamber. J’enlevai quelques planisphères troués, trois quatre bricoles et tombai nez à nez avec un coffre dont j’avais oublié l’existence. Dire ce qu’il contenait était une vraie gageure ? Je me grattai la tête, imaginant trouver là les vieilles robes mitées de tante Carla et deux ou trois bêtises. Rien de plus. "Peut-être renfermait-il d'autres vestiges d'une toute autre allure ?" espérai-je. C’est avec une certaine déception que j’entrepris le début de ces fouilles archéologiques. Je retrouvais ici les souvenirs d’un temps définitivement révolu. Des souvenirs de papiers qui ne me concernaient plus vraiment. Des papiers administratifs, le livre de cuisine de ma grand-mère avec l’ignoble recette de la tourte aux rutabagas, une lettre d’amour d’un homme malhabile en écriture, mon père, à une dame chanceuse, ma mère. Des photographies de la seule femme que j’ai vraiment aimé : la Comtesse Katerina. D’autres particulièrement grotesque de mon fieffé grand-père posant en habit de trappeur helvète. L'une d'elles me faisait un peu mal au cœur. Prise lorsque j’étais fringuant étudiant à l’université de Berne en Psychiatrie, je posai à coté de Lewis Beckerell. Hormis ces photos cornées et décolorées, je retrouvai pêle-mêle un ennuyeux carnet de voyage tenu lorsque j’étais en Calabre, un encombrant trophée en bronze d’athlétisme, quelques fleurs fanées, des bijoux de pacotille, de l’eau de Cologne dans un flacon grossier et des tickets de cinéma. Je m’apprêtais à tout ranger, las de rechercher le temps perdu et bien décidé à dormir enfin, lorsque je sentis du bout des doigts bien au fond du coffre la toile d’une couverture, puis de deux, puis de trois. Je reconnus tout de suite de quoi il s’agissait : mes vieux livres de chasseurs d’Eléphants. Ceux que je dévorais enfant. Je rêvais de faire comme mon héros, Everett Bancall. Un homme gaillard et valeureux qui, après un périple dans la jungle, découvrait l’entrée des Mines du Roi Salomon, sauvait la jeune et riche héritière des fourchettes d’anthropophages sauvages et s’envolait, après un baiser à la susdite héritière, à bord de son vieux zinzin 1900 pour de nouvelles aventures. Une cigarette à la bouche. C’était grâce à ces livres là que j’eu l’irrépressible envie d’écrire des fictions romanesques.
Je parcouru l'un d'eux qui s'entichait d'une magnifique reliure dorée et de stupéfiantes illustrations. Et comme un signe, glissé entre deux pages, je retrouvai un bout de papier gribouillé par la main d’un enfant. le Safari de Bob. A la lumière de la bougie, je déchiffrai tant bien que mal le texte originel avec une émotion particulière. J’eu souvenir de l’avoir rédigé un soir d’orage, en cachette, à une heure où tous les enfants doivent dormir. Ce jour de mai, mon père avait chassé un sanglier que ma mère s'était empressée de cuisiner à la braise. Au moment du dîner, je refusai d'avaler le premier morceau que j'avais enfourné candidement dans la bouche. Ce goût de pourri provenant d'une créature toute aussi pourrie vivant dans des marais putrides, c'en était trop pour le jeune garçon chétif habitué à la fadeur des endives que j'étais. Le retour de flamme fut sans équivoque. Mon père qui se faisait une fête de savourer une viande si rare me fessa et m'envoya directement au lit sans aucune autre forme de procès. Contre cette injustice doublée d'une humiliation, j'avais décidé de défier mes parents en refusant de dormir et en me réfugiant dans les mondes subversifs de l'imaginaire. En hommage à l’enfant que je fus, je vous soumet l’intégralité de ce qui me semble être une pépite d’or. Je n’ai pas honte de le dire tant je crois que la foi qui en a découlé ne s’est jamais évanouit et ne s’évanouira jamais. Et ce malgré les rabats joies et les soi-disant meilleurs amis du monde qui croyant vous encourager, vous assassinent. Il y a dans ces quelques lignes la promesse d’un talent, la petite poussière d’étoile qui m’a fit briller les yeux et qui j’espère illuminera les vôtres, chers lecteurs.
Le safari de Bob
Bob est en compagnie de la charmante actrice de cinéma Eglantine Donnie Davis. Une américaine que Bob avait rencontré lors d’une soirée Show Bizness. Pendant le Safari, alors que Bob bivouaquait tranquillement dans la savane, un lion s’invita à sa Tea Party. Bob terrassa le Roi des Animaux d’un bon crochet du gauche. Et dans la jungle, il apprit à une tribu d’horribles anthropophages les rudiments du feu. Comme ça, ils ont pu cuire leurs aliments. En remerciement, ils ont invités Bob et Eglantine à leur inoubliable festin. C'était très bon. La femme a alors demandé en mariage Bob. Et ils eurent plein d’enfants. Et c’est fini.
J’ai recopié ce passage tel quel. Néanmoins, j'ai cru bon de corriger les quelques fautes orthographiques et de retoucher le début qui me paraissait singulièrement médiocre.
Pour ce qui est de ma nuit passé dans le grenier, je la terminai sur de vieux coussins, le bout de papier contre mon coeur et avec ceci, un brin de rêve.